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Shanghai

Shanghaï
Shanghaï

Il y a deux ans, en acceptant le dernier stage de mes études, j’ai accepté de partir à Shanghai, entre inconscience et curiosité.

La seule chose quand on part dans ce type de pays, c’est qu’aucun récit ne peut nous préparer à l’aventure que l’on va vivre ni à l’expérience que l’on en retirera.

Je vais essayer d’être la plus réaliste possible, en décrivant ce que chaque chose est telle qu’elle que je la perçois.

Si il y a une chose qu’il ne faut pas sous-estimer c’est le sentiment très fort que laisse cette ville et plus largement ce pays, entre adoration et rejet.

Xialongbao
Xialongbao

Shanghai c’est une nourriture avec des odeurs étonnantes et parfois écœurantes à chaque coin de rue, c’est les xialongbao (boulettes de viande cuites à la vapeur, mais littéralement, xiao= petit, long= dragon, bao= boules...traduisez vous meme), les jaozi, les baozi, le sésame noir, le riz, les nouilles de riz, les baies de Goji, les pousses de thé de Longjing, les bocaux de thé fumants, le vinaigre, les étales de fruits éclatants, les légumes aussi diverses et variés, qu’inconnus, le poulet séché qui pend au dessus des étales, les pieds de poulet marinés, les brochettes de viande vendues pour être du mouton ou de l’agneau (selon une étude ce serait plus souvent du chat, renard ou vison), c'est le bac d'eau devant le restaurant contenant le poisson que l'on aura dans son assiette.

Mais, c'est aussi et surtout ne pas manger de nems ni de chiens. (Les nems sont vietnamiens, le chien est uniquement « dégusté et apprécié» dans une province bien particulière, le Guangxi, qui est très fière de ce met).

Xiaochi
Xiaochi

Shanghai, c’est son voisin qui lave ses cheveux dans le caniveau et se brosse les dents sur le trottoir. C’est les “Xiaochi”, signifiant “petit repas”, réunissant des groupes entiers entre 23h30 et 1 heure du matin sur les trottoirs autour de brochettes, nouilles, ou autres collations.

Shanghai, c'est l'expérience d'un retour en arrière et d'une poussée en avant en même temps. C'est la charrette qui côtoie le dernier Lexus.

Shanghai, c'est un sentiment de liberté, c’est conduire un scooter électrique sans casque, à travers la ville, en roulant sur la route comme les trottoirs, en sens inverse la plus part du temps.

C'est attendre la nuit tombée pour voir l’ancienne génération fumer cigarettes sur cigarettes devant un jeu de majong ou un jeu de cartes.

C’est regarder toutes les femmes du quartier assister à un cours de danse avec éventail ou sabre dans un parc, sur un trottoir, dans une cours minuscule.

C’est le karaoké de plein air qui irradie plusieurs blocks d’immeubles de sons aigus et de grésillements.

Shanghai

C’est ne jamais être seul, ne plus pouvoir apprécier le silence, mais avoir les yeux qui brillent chaque nuit tombée devant la beauté et le gigantisme de Pudong, l’ile en face de Puxi. (Puxi, à prononcer « Puchi », est la terre rattachée au continent asiatique. Pudong est l’ile accueillant aujourd’hui le quartier financier).

Shanghai, c'est des massages 24/24h à chaque coin de rue pour quelques euros côtoyant des malls à taille gigantesque et des Prada de quartier.

Mais Shanghai n’est qu’une partie infime de la Chine, ce n’est que 23 millions d’habitants et une grande mégalopole très occidentalisée.

Shanghai est déjà un choc culturel a elle seule, mais elle n’est rien comparée aux autres villes, dont beaucoup se détruisent pour mieux se transformer en géantes de bétons, grandes villes désertes aux routes immenses, aux tours à moitié construites, inhabitées, aux hôtels démesurément luxueux et vides. Ces constructions sont les œuvres de Chinois immensément riches essayant d’augmenter le PIB de leur province pour attirer des investisseurs locaux ou étrangers. En attendant de devenir des mégapoles, elles sont des villes fantômes.

Wulong Sichuan, China
Wulong Sichuan, China

La Chine, plus généralement, c'est des campagnes si reculées que les habitants photographient les blancs, ne savent pas que la population noire existe et vivent avec moins de 100 euros par mois. On retrouve parmi eux les usines du monde : vêtements, jouets, meubles, voiture, high tech… Inutile de parler de la condition de ces usines, les medias l’ont déjà fait pour nous (nb : Apple, Foxconn,…)

La Chine c'est aussi et surtout une histoire de dynasties plurimillénaires. La dernière en date est celle des Qing (à prononcer « Tching »), qui a succédé aux Ming et Hans. (Les Mandchoues – Chinois aux crânes rasés sur les contours avec une longue tresse – appartiennent à la dynastie des Qing). C’est également des paysages grandioses et diverses, de la Mongolie intérieure au Yunnan, en passant par Shanxi, Chongqinq, Sichuan, Henan, Guizhou, Hunan, et tant d'autres provinces incroyables.

Poster de propagande chinoise
Poster de propagande chinoise

A travers tout cela, la Chine, c'est aussi la liberté surveillée, un gouvernement et des entreprises corrompues (ce qui tend à s’atténuer depuis Xi Jinping, président actuel), un parti unique, des politiques aux méthodes directives, un culte de Mao, mais aussi une envie de changer, d’aller de l’avant vers une autre société et la croyance d'un avenir différent, malgré le long chemin restant à parcourir.


(En 2008, Liu Xiaobo est emprisonné. A l'occasion du 60e anniversaire de la déclaration des droits de l'Homme, il est l'un des auteurs de la "Charte 2008", un texte qui appelle au respect des droits de l'Homme et de la liberté d'expression et à l'instauration d'élections pour un "pays libre, démocratique et constitutionnel". Cela lui vaut d'être condamné, le jour de Noël 2009, à 11 ans de prison pour "subversion du pouvoir de l'Etat". La sentence sera confirmée ensuite en appel.)

Voir: http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20101008.OBS0996/portrait-liu-xiaobo-intellectuel-chinois-emprisonne-pour-ses-idees.html

Shanghai

La Chine, c'est des taxis aussi peu aimables que dangereux de par leur conduite. C'est faire face à des visages rudes et froids ou rient à gorge déployée.

La Chine, c'est des visages curieux, souriants, fuyants, effrayants. C'est un regard sur les étrangers qui diffère selon la classe sociale des locaux.

Mais c’est aussi une belle aventure, une aventure humaine qui nous ramène à vivre en arrière tout en devant s’adapter rapidement, si le choix est Shanghai, Beijing, Guanzhou, Canton, Shenzen ou autres, dans des mégapoles aussi bruyantes que plaisantes. Chacun peut y retrouver un univers familier tout en ayant un choc culturel quelques mètres plus loin. La Chine, c’est pouvoir écrire un rapport d’étonnement permanent.

C’est avoir accès à tout en sachant que l’on n’est pas chez soi, qu’on ne le sera jamais et les locaux, tout comme les lois, nous le rappellent bien trop souvent.
(Les Chinois ont d’ailleurs deux façons d’appeler les étrangers : Waiguoren (Etranger de part son pays) et Laowai (Etranger, de manière informelle et péjorative), cette dernière appellation prédominant)

Aussi effrayante et repoussante qu’elle puisse être, la Chine est attirante, intéressante et belle. On la déteste, on l’adore, mais elle ne nous laisse jamais indiffèrent.

Le meilleur moyen de la découvrir est de se perdre dedans, voyager sans à priori, sans comprendre ce qui se passe autour de nous, sans parfois savoir exactement où l’on est mais toujours dans un sentiment de sécurité extrême.

Pour y vivre depuis 2 ans, je peux vous l’affirmer: N’ayez pas peur de la Chine et venez y vivre l’expérience la plus dépaysante et certainement, la plus enrichissante, de votre vie.

Shanghai
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